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  1. Azerf de BOU DENIB

La Djemaâ des kit Ounebgui  et celle de Bou-Denib se sont réunies.Dans le but de faire régner l'ordre dans le pays, elles ont adopté les règles suivantes :

  1. Celui qui commet un vol dans une maison privée et, d'une manière quelconque, à l'intérieur du Qsar, mais non pas en pleine rue, paie cent metqals . La moitié de cette amende est à la qabila, l'autre moitié à la victime du vol. Celle-ci est tenue de présenter cinq co-jureurs pour appuyer sa déclaration.
  2. Si une accusation est portée contre quelqu'un qui nie, le serment lui est déféré. Il doit jurer avec cinq personnes habitant dans la limite du territoire de Bou-Denib.
  3. Celui qui trahit le qsar paie un qountar .
  4. Celui qui monte ou descend par-dessus la muraille d'enceinte du village, 30 metqals.
  5. Celui qui assassine quelqu'un, 100 metqals: moitié pour les parents de la victime, moitié pour le village. Le meurtrier quitte seul le pays.
  6. Celui qui abuse d'une femme, 100 metqals. S'il y a entente entre l'homme et la femme, l'amende est également payée par chacun d'eux,
  7. Lorsqu'une femme accuse un homme, ses frères ou son mari sont tenus de jurer avec cinq co-jureurs.
  8. Quiconque se livre à une altercation à coups de poings : 1 metqal.
  9. Celui qui blesse son semblable avec une pierre ou un bâton : 1/2 réal.
  10. Celui qui blesse avec une arme tranchante : 1 réal.
  11. Celui qui fait usage du fusil contre son semblable, s'il le manque : 10 metqals; s'il l'atteint: 20 metqals et le blessé a recours contre lui. Si le coup ne part pas : 5

metqals, qu'il s'agisse de fusil ou de pistolet.

  1. Celui qui blesse quelqu'un par l'un des moyens qui viennent d'être indiqués et nélige de faire des excuses à sa victime dans un délai de trois jours : 5 metqals.
  2. Quiconque dégaine une arme tranchante contre quelqu'un, quelles que soient les circonstances : 1 metqal.
  3. Dans le cas de rixe entre deux individus, celui qui prend parti pour l'un d'eux paie 50 metqals.
  4. Si c'est en paroles : 1 metqal.
  5. Un homme qui bat un enfant : 1 metqal, sans qu'il soit nécessaire de prouver que l'enfant a eu des torts envers l'homme.
  6. Si des enfants se battent entre eux et qu'un plus grand prend parti pour l'un d'eux : 1 réal.
  7. Un homme qui se montre incorrect envers une femme : 1 réal.
  8. Si c'est la femme qui se montre inconvenante : 1/2 réal.
  9. Ce tarif d'un 1/2 réal est une base générale; les femmes paient la moitié de ce que paient les hommes.
  10. Le gardien du qsar qui abandonne son poste le jour paie 5 ouqias . Si l'absence a eu lieu la nuit : 1 metqal.
  11. Les sentinelles sont tenues d'exercer leur surveillance du bout de la masria à l'autre bout du qsar et jusqu' au puit situé à l'entrée du village.
  12. La sentinelle qui s'endort dans sa guérite : 5 ouqias.
  13. La ronde est faite par le cheikh où bon lui semble.
  14. Si une sentinelle manque sa garde : 20 metqals. En outre, le cheikh invite les parents du délinquant à le surveiller eux-mêmes pendant huit jours.
  15. Si Dieu décrète la mort d'un des gardiens, on attendra un mois avant d'inviter les parents à le remplacer dans le service de garde.
  16. Celui qui tombe malade ou souffre d'une blessure n'est pas tenu de participer au service de garde jusqu'à ce que Dieu lui accorde la guérison. Le cheikh doit l'examiner.

Les Ail Ounebgui sont une fraction des Ait Atta du sud.

Le metqal est, dans la région du Haut-Guir, une monnaie de compte qui équivaut au 1/5 de douro ou de réal makhzani, c'est-à-dire à 1 franc ou pesete marocain.

Le qountar vaut 1.000 metqals.

M. à m. instrument de feu.

L'ouqia (once) du Haut-Guir équivaut à environ 0,10 de monnaie marocaine.

Salle de réunion de la Djemaâ de Bou Denib. D'une façon générale, ce mot désigne au Maroc une chambre isolée à l'étage d'une maison.